Sans doute a-t-elle déjà eu dans le passé des fonctions
civiles. Ce n’était certainement pas avant tout une fonction cultuelle.
Comme ancien habitant de Nivelles, je me réjouis de ce que
ce lieu trouve ou retrouve parfois des usages civils. Du point de vue de la
laïcité, afin de reprendre pendant un peu de temps la main sur un patrimoine
commun à tous les habitants de la ville. Au Moyen-Âge tous les habitants,
quelles que soient leurs convictions ont contribué à son édification et
nous-mêmes si nous étions adultes dans les années 70, nous avons payé des
impôts pour sa rénovation.
Comme appartenant aussi à la tradition chrétienne, parce que
je plaide, depuis plus de 40 ans, pour que les espaces voués à la célébration,
ou gérés par les représentants de religions, s’ouvrent parfois, par nécessité
ou utilité, à des usages civils ou pour d’autres religions. J’appelle cela l’« hospitalité
interconvictionnelle » et j’ai eu l’occasion de participer à des
funérailles d’athées et d’agnostiques dans des lieux marqués par le culte
catholique. On en a vu un bel exemple il y a quelques années, dans la
cathédrale de Liège, lors d’un deuil national lorsque l’évêque de Liège a
abandonné pendant quelques heures son rôle de président de culte pour s’asseoir
sur la même rangée de chaises que des représentants des cultes reconnus et de
la laïcité organisée. Je pense aussi aux funérailles laïques de Christian de
Duve à l’église de Blocry.
Je suggère aussi que dans des villages où l’église n’est
plus guère utilisée par des fidèles réguliers, elle puisse être utilisée volontiers
pour des cérémonies non religieuses et des réunions de qualité. D’une façon
claire, un représentant de la communauté paroissiale pourrait accueillir
brièvement et céder la préséance en marquant bien le statut de ce qui va être
célébré. Ceci pour éviter toute confusion. Ces utilisations religieuses d’un
espace public, ou publiques d’un espace religieux doivent évidemment faire l’objet
d’un accord clair.
Il n’est pas nécessaire de parler de « désacralisation »
provisoire ou définitive. Aucun lieu n’est sacré seuls les humains le sont.
Même dédicacés, même marqués de croix, les espaces de célébration sont des
espaces publics. Ils sont attribués, dévolus, prêtés… Ils gardent la marque de
ce qui y a été vécu. Ils n’imposent pas une foi à ceux qui y célèbrent.
Voilà ! Je me réjouirai(s) donc de voir la salle
impériale s’affirmer parfois comme un endroit majeur de notre bonne ville de
Nivelles. Et pas seulement pour des réceptions ou des visites touristiques.
Aussi pour des moments importants de la vie de ses citoyens.
Sans doute pas de façon régulière mais lorsqu’une occasion
se présentera. L’heure n’est plus à la guerre entre les convictions mais à une
coexistence collaborative.

